INTRUSION MASSIVE DU PERSONNEL LORS DU COMITE DE PILOTAGE DU 26 MARS 2018.

Lundi après-midi, une quarantaine d’aides-soignants et d’infirmiers du centre hospitalier de Guéret se sont « invités » à un comité de pilotage portant sur la réorganisation des services d’hématologie et de cancérologie. Ils ont discuté durant plus de deux heures avec la direction.

Pour seule information sur la réorganisation de leur service, ils n’ont que des « bruits de couloir » et c’est justement ce qui a poussé des aides-soignants et des infirmiers à faire monter la pression. Et concrètement, à monter les quatre étages qui mènent, depuis le hall du centre hospitalier de Guéret jusqu’aux bureaux de la direction. Ils étaient une quarantaine à s’être résolus à perturber une réunion entre le directeur de l’hôpital, des médecins et des cadres.

Un comité de pilotage où était justement évoqué le projet de réorganisation de l’hématologie et de cancérologie, deux services très sensibles : « Nous avons des patients qui exigent des soins très lourds, beaucoup de temps. Il faut qu’on ait un effectif suffisant pour assurer la sécurité de ces patients. Sinon, nous refuserons de les prendre », a défendu un médecin, en phase avec les agents.

La nuit, au lieu d’avoir des équipes avec un infirmier accompagné de deux aides-soignants, il n’y en aura plus qu’un.

Selon une infirmière : « La nuit, au lieu d’avoir des équipes avec un infirmier accompagné de deux aides-soignants, il n’y en aura plus qu’un ». Cette « réorganisation » prendrait effet dans le courant du mois d’avril.

Durant l’interruption de la réunion, certains agents se sont adressés vertement au directeur : « Ce qu’on ressent, c’est que c’est le bazar. On avance dans le flou. On a besoin de reconnaissance ».

Nathalie Teste, permanente social-santé de l’UD CGT 23, ne s’attendait pas à rassembler ce lundi tant d’agents désappointés : « Il y a des gens qui ne savent toujours pas dans quel service ils vont aller le mois prochain », analyse-t-elle.

Des échanges animés 

La syndicaliste, qui avait proposé cette action lors de la grève du 22 mars, soupçonne une logique dans les réorganisations en cours : « On supprime aussi dix lits en médecine. N’est-ce pas pour libérer de la place au profit de services en provenance de la clinique de la Marche ? ».

Intrusion ou pas, le principe de l’échange improvisé a été accepté par le directeur, Frédéric Artigaut, qui a invoqué les limites de son champ d’action : « La situation est difficile. Ma mission est d’adapter la structure au contexte, à la réalité. Ce n’est pas moi qui vote les crédits ».

Durant plus de deux heures, l’échange fut animé. Deux « réalités » se sont affrontées : la « réalité » comptable et celle, si difficile à rationaliser du « travail avec des humains. »

Sources : article de Julien Rapegno ( édition du journal La Montagne du 27 mars 2018) ; photo du journal La Montagne.

 

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