ON DEMENAGE ! INQUIETUDES AU CH GUERET!

«On déménage les 23-24 avril, trois aides-soignantes sont de trop mais on ne sait  pas qui va s’en aller», «on ne sait rien», voilà ce qui pêche pour Richard, Catherine, Marie-France et leurs collègues du service hématologie du Centre Hospitalier de Guéret. Des inquiétudes, des incertitudes qui pèsent lourd sur leurs conditions de travail. D’où leur intervention avec des collègues de plusieurs autres services dont l’oncologie qui déménage aussi au comité de pilotage sur cette réorganisation qui se tenait lundi en début d’après-midi au sein de l’établissement.
Les agents l’avaient annoncés et voulaient avoir des réponses face à leurs interrogations. «On sait que nous allons être gardés dans l’établissement mais qu’est-ce qu’on va nous proposer ? Est-ce qu’on va nous l’imposer ?», ajoutent Richard et Marie-France. Ne rien savoir «c’est de la maltraitance, pour une collègue du service hématologie de journée. C’est honteux. On demande juste ce qu’on va faire de nous !». Direction donc la salle de réunion avec une quarantaine de collègues du service et des autres services. Si le directeur Frédéric Artigaut indique que «prendre soin du personnel» est un des objectifs de  ses démarches, les agents rient jaune. Puis chacun détaille les problématiques rencontrées.  Notamment ce déménagement. Où iront ces postes à réaffecter ? Sur le pool de remplacement ? Sur d’autres services ? Comment sera fait la sélection ? Les questions sont nombreuses. «C’est plus clair quand les choses sont posées», affirme Richard. «On demandera l’avis quand on aura les effectifs exacts», rétorque le directeur précisant que «s’il y a un comité de pilotage, c’est pour associer les parties prenantes». «On avance dans le flou», résument les agents. «Il s’agit d’une démarche participative avec ce comité de pilotage», ajoute le directeur qui annonce une réunion avec les équipes mercredi. Mais les personnels des services hématologie et oncologie sont surpris, ils l’apprennent.
Lors du dernier comité de pilotage, des projections ont été faites. Des projections, qui, pour les agents, ne correspondent pas aux besoins : «On perd six heures de présence paramédicale avec 17 lits». Pour la chef du pôle médecine, si la sécurité l’exige, il ne faut plus prendre les patients. C’est bien l’inquiétude de  Nathalie Teste, secrétaire départementale de la CGT santé, voir l’offre de soins diminuer. Les personnels du service oncologie demandent à repasser à 12h pour faciliter leurs conditions de travail mais pas de réponse. Dans ces cas- là, pour eux, il faut fermer à nouveau des lits.
Frédéric Artigaut rappelle qu’un questionnaire sur la qualité au travail est en cours. Pour Nathalie Teste pas besoin de ce questionnaire depuis le temps qu’ils font remonter ce mal-être. Pour elle, il serait peut-être plus judicieux de repousser le déménagement… La réponse n’interviendra pas à chaud.
Les agents citent aussi des personnes qui ne veulent pas rester comme cette jeune infirmière de 22 ans qui est venue faire ses études à Guéret à 400 km de chez elle et qui souhaitait rester…  «Je n’ai pas de mot pour la retenir…», confie une de ses collègues.  «Il y a des choses qu’il faut améliorer», admet Frédéric Artigaut.
Les agents soulèvent un autre problème : les plannings et un logiciel qui ne leur permet pas de prendre les congés qu’ils souhaitent ou même de s’arranger entre eux.
«Les agents ont exprimé leur ressenti. Les gens avaient besoin de vous dire «stop, on n’en peut plus»», résume Nathalie Teste.
«Je suis conscient des réalités, je sais ce qu’est un patient, je ne suis pas une machine. Les problématiques on les subit tous, avoue le directeur. Mon souci c’est que l’établissement réponde à ces missions, qu’il soit attractif et que la qualité au travail soit satisfaisante. Aujourd’hui la machine est bloquée. Je mesure le décalage entre ce que j’ai en tête et comment  s’est ressenti».
A la fin de ces échanges qui ont duré deux heures environ, «ce qui a été pointé du doigt ce sont les difficultés de communication, rapporte-t-il. J’écoute mais après il faut pouvoir agir, il faut la possibilité de recruter. Les problèmes sont nombreux, multifactoriels». Pour lui, il faut notamment revoir les modalités de communication en interne.
Les chantiers sont ouverts.

Sources: article du journal L’Echo Creuse (édition du 27 mars 2018).

 

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