Les dysfonctionnements perdurent à l’Hôpital de Guéret !

Rien n’est réglé. C’est le sentiment des agents du centre hospitalier de Guéret relayé par la CGT. L’organisation syndicale a depuis plusieurs mois alerté sur des dysfonctionnements liés à la gestion des personnels, au manque d’investissements… et vient de le faire  à nouveau. Ce n’est plus possible pour elle.
Sont d’abord évoqués le recours aux intérimaires et des heures supplémentaires « exponentielles. Ils restent 12.000 heures à payer, explicite Nathalie Teste, secrétaire générale de l’USD CGT. Seules 27 % ont été payées ». Les représentants syndicaux parlent aussi des problèmes d’investissement. Cet été, des problèmes de climatisation ont été constatés au bloc opératoire, « on a été obligé de fermer deux blocs », avouent-ils.  Une note de service a même été affichée dans plusieurs services pour ne pas l’utiliser de trop. Des problèmes électriques ont aussi été notés tout comme l’arrivée en fin de course de l’accélérateur à particules de la radiothérapie. « Il faut le changer depuis un an et demi, prévient le secrétaire CGT du centre hospitalier : Philippe Baurienne. Le dossier est prêt, le directeur ne signe pas. Pourquoi ? On ne le sait pas ». La CGT dénonce une opacité de la part du directeur et  un manque de dialogue social. « Il n’y en a pas, affirme même le secrétaire CGT. Le directeur n’est pas à l’écoute des dysfonctionnements ». Ils n’ont aucun chiffre sur le déficit, sur les heures supplémentaires, sur ces dernières ce sont les agents eux-mêmes qui font leur compte. « C’est nous qui traitons les choses, on se substitut, note Nathalie Teste. On fait tampon ».
Le 18 mai dernier, un droit d’alerte a été déposé pour danger grave au CHSCT. « Le directeur a souhaité nous emmener au tribunal. Nous avons pris un cabinet privé pour faire une enquête sur les conditions de travail », explique Philippe Baurienne. Le jugement qui devait être rendu ce mardi 11 septembre a été repoussé.
Quant au moral des troupes, il est loin d’être bon, la situation empire de jour en jour.
La CGT évoque aussi un médecin volontaire pour mettre en place un nouveau traitement au laser des varices en chirurgie ambulatoire. Une démarche refusée par l’établissement, le praticien consulte donc à l’hôpital et traite à la clinique de la Marche. Dans une note de service rédigée en réponse à la CGT, le directeur Frédéric Artigaut précise qu’il ne « veut pas céder aux prétentions salariales excessives qui lui sont opposées ».
Frédéric Artigaut s’inscrit « en faux sur un certain nombre de points », argue-t-il évoquant un contexte d’élections professionnelles.
Sur le droit d’alerte notamment, il souligne que le recours ne porte pas sur le droit d’alerte en lui-même mais sur la somme à dépenser, 295.000 euros, pour l’expertise  « alors même que le centre hospitalier est gratuitement accompagné dans sa démarche d’amélioration de la qualité de vie au travail par un cabinet spécialisé choisi par l’ANFH ». Pour lui les heures supplémentaires n’ont pas augmenté précisant que des choses ont été mises en place comme le pool de remplacement pour les aides-soignantes et les infirmiers.  « Les chiffres sont fantaisistes », poursuit-il.
Sur le problème de climatiseur au bloc opératoire, il indique que chaque année, une salle ferme pour que chacun puisse prendre des congés et qu’en effet « il y a eu un souci sur la centrale de rafraîchissement mais « le programme a été allégé ». Pas de fermeture donc pour lui.
« Est-ce qu’on veut tuer la radiothérapie ? »  s’interroge-t-il lorsqu’il aborde la question de l’accélérateur à particules. Rappelons que la CGT, les élus, la population ont défendu ardemment ce service il y a quelques années. « L’accélérateur de particules est soumis à des contrôles réguliers. Il fonctionne très bien. Nous sommes en totale capacité de prendre les patients », confie-t-il sachant qu’il va falloir le changer. Frédéric Artigaut évoque le souhait d’augmenter les capacités techniques et une réflexion avec les établissements de Brive et Limoges pour des appareils en miroir.  C’est pour lui un des projets tout comme la relocalisation de la pharmacie ou le lancement d’un local de décontamination.
« Est-ce un établissement qui tombe en ruines ? On dit tout et n’importe quoi ! C’est surréaliste de dire qu’il n’y a pas d’investissements », poursuit Frédéric Artigaut expliquant que la situation de l’établissement ne permet pas d’en faire trop. 2017 a été clôturée sur un déficit de 1,9 million d’euros et l’année 2018 devrait se finir également sur un déficit. « Le centre hospitalier n’est pas endetté ce qui nous laisse une marge d’emprunt », précise-t-il. Pour le directeur, ce discours « catastrophiste, en décalage aura un effet négatif sur l’établissement ».
La CGT précise qu’elle fait remonter « la réalité du terrain ».

Sources : article paru dans l’édition du journal l’Echo Creuse du 12 septembre 2018.

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